Rennes, le 8 octobre 2026 – Le marché de l’emploi reste actif, mais la rencontre entre offres et profils se grippe. La 17e enquête Hellowork confronte les regards de 2 532 candidats et 695 recruteurs : 88,3 % des candidats jugent plus difficile de trouver un emploi qu’il y a deux ans, alors que 68,9 % des recruteurs prévoient des recrutements stables ou en hausse en 2026.
Pénurie de profils et abondance de candidatures
La pénurie des compétences recherchées devient le premier défi des recruteurs (53,8 %, contre 39 % en 2025). Pourtant, 71,9 % estiment que moins d’une candidature sur quatre correspond réellement à leurs besoins, et 50,4 % que le volume nuit à la qualité du recrutement. Selon le baromètre Hellowork, le nombre de candidatures par offre a progressé de 18 % en un an, quand les offres reculaient de 9 % au premier semestre 2026.
Côté candidats, 63 % attribuent la difficulté à des exigences de recruteurs plus fortes (70 % de la Gen Z, dont 55,4 % constatent aussi moins d’offres). 88,4 % des recruteurs observent un changement des attentes des candidats, à commencer par les prétentions salariales (73,1 %). Les jobboards restent le canal de référence des deux côtés : 81,9 % des recruteurs et 64,5 % des candidats les citent parmi les plus efficaces.
L’offre d’emploi, premier levier de confiance
96 % des candidats ont déjà renoncé à postuler, d’abord face à des exigences irréalistes (53,9 %), une description floue (46,9 %) ou l’absence de salaire (39,5 %). 61,7 % ont constaté un décalage entre l’offre et la réalité du poste. Ils regardent d’abord les missions (83,8 %) et le salaire (82,4 %). L’absence de salaire freine encore 48,3 % des candidats, et jusqu’à 57,1 % des cadres et managers ; 75,4 % des recruteurs affichent désormais systématiquement le salaire (+7,4 points en un an), et 81,1 % estiment que cela facilite le recrutement.
Ghosting : chacun se sent plus ghosté qu’il ne ghoste
66,2 % des candidats disent ne recevoir aucune réponse en cas de refus (50 % en 2025), alors que 93 % des recruteurs affirment répondre systématiquement. Ce silence nourrit la frustration (58 %) et la défiance (49,2 %). En cours de processus, 44,6 % des recruteurs reconnaissent avoir déjà cessé de répondre à un candidat, contre 14,8 % des candidats ayant abandonné sans prévenir.
IA : une aide pour soi, un risque chez l’autre
93,1 % des recruteurs utilisent l’IA (78 % en 2025) et 61,1 % des candidats (50 % en 2025). 61,8 % des candidats doutent qu’un humain lise leur candidature, alors que seuls 8,5 % des recruteurs utilisent l’IA pour trier ; leur premier usage reste la rédaction des offres (81,1 %) et leur premier bénéfice le gain de temps (85,6 %). 65,6 % des recruteurs observent une standardisation des CV, tandis que 80,3 % des candidats n’ont jamais envoyé une candidature générée par l’IA sans la modifier.
« Candidats et recruteurs voient leur propre usage de l’IA comme une aide, et celui de l’autre comme un risque. Il faut une transparence totale, mais bien formulée : dire clairement où l’IA intervient, et où elle n’intervient pas. Il n’y a pas de tri automatique, ce n’est pas une IA qui lit un CV pour le refuser. Réduire ce fossé, c’est tout notre travail, et une réponse négative vaut toujours mieux que pas de réponse du tout. »
— Loïc Le Terrien, Directeur exécutif Emploi du groupe Hellowork
La souveraineté numérique, nouvelle dimension de la confiance
74,4 % des candidats et 70,2 % des recruteurs jugent important qu’un outil RH soit développé en France ou en Europe, mais la performance l’emporte encore au moment du choix : la souveraineté est un plus, pas encore un prérequis.
« Pendant des années, la priorité était d’augmenter le volume des candidatures. Mais augmenter le volume augmente mécaniquement le bruit : les entreprises nous disent aujourd’hui qu’environ un quart seulement des candidatures correspondent à leurs attentes. Améliorer l’adéquation entre les profils et les besoins sera au cœur de nos priorités. Et si nous voulons être utilisés par tous, il faut être performants ; si nous voulons que les gens aient confiance en nous, il faut être souverains. L’un ne va pas sans l’autre. »
— François Leverger, CEO du groupe Hellowork
Méthodologie : enquête en ligne menée du 2 juin au 17 juillet 2026 auprès de 2 532 candidats et 695 recruteurs, comparée à l’enquête Hellowork 2025.
