57 % des offres d’emploi sans aucune indication sur la rémunération. 66 % des travailleurs et des chercheurs d’emploi en France déclarent être plus enclins à postuler à une offre indiquant une fourchette salariale. 74 % estiment que ces informations devraient être systématiquement mentionnées.
Paris, 12 mai 2026 – Alors que la directive européenne sur la transparence salariale doit entrer en application dès juin 2026, la France reste encore loin d’une transparence généralisée. Selon les dernières données du Hiring Lab d’Indeed, seules 43 % des offres d’emploi mentionnaient un salaire en mars 2026, confirmant un déficit d’information pour les candidats.
57 % des offres d’emploi ne mentionnent aucun salaire
Avec 57 % des offres d’emploi sans aucune indication sur la rémunération, les travailleurs et les chercheurs d’emploi sont contraints de postuler à l’aveugle. À l’échelle européenne, la France se situe dans une position intermédiaire : derrière le Royaume-Uni (56 %) et les Pays-Bas (48 %), mais devant l’Irlande (39 %) et l’Italie (36 %), et très loin devant l’Allemagne (12 %) et l’Espagne (17 %).
Un modèle français marqué par les conventions collectives
En France, la fixation des salaires repose largement sur des conventions collectives sectorielles. Dans ce contexte, les employeurs individuels sont moins incités à communiquer explicitement les rémunérations dans les offres d’emploi, les grilles salariales étant souvent accessibles par d’autres canaux. La directive européenne autorise d’ailleurs que ces informations soient mises à disposition via les partenaires sociaux, ce qui peut limiter leur indication dans les annonces.
Des attentes fortes du côté des candidats
Selon une enquête menée pour Indeed :
- 66 % des travailleurs et des chercheurs d’emploi en France déclarent être plus enclins à postuler à une offre indiquant une fourchette salariale ;
- 74 % estiment que ces informations devraient être systématiquement mentionnées.
Les femmes sont, en moyenne à l’échelle européenne, plus nombreuses que les hommes à partager ces deux opinions, ce qui renforce l’idée que la transparence salariale pourrait contribuer à réduire les écarts entre les sexes.
Des fourchettes salariales plus fréquentes que les montants exacts
Lorsque les employeurs choisissent d’indiquer une rémunération, ils privilégient majoritairement des fourchettes salariales (76 %) plutôt qu’un montant fixe (24 %). Les montants exacts sont plus fréquents pour les emplois rémunérés à l’heure, généralement associés à des fonctions opérationnelles ou à fort turnover.
« À l’approche de l’entrée en vigueur de la directive européenne en France, la transparence salariale reste encore largement secondaire en France comme en Europe. Sans cadre légal clair et contraignant, les employeurs modifient peu leurs pratiques. Pourtant, rendre visibles les salaires est un levier essentiel pour améliorer la dynamique du marché du travail, réduire les inégalités et répondre aux attentes des candidats », conclut Lisa Feist, économiste au Hiring Lab d’Indeed.
Méthodologie
Enquête Indeed/Censuswide, menée en janvier 2025 auprès de 6 011 travailleurs et demandeurs d’emploi dans six pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Irlande et Royaume-Uni), complétée par les données issues des offres d’emploi publiées sur Indeed.
Contact presse : L’équipe Hotwire pour Indeed – indeedfr@hotwireglobal.com