Le grand décalage : employeurs et candidats ne parlent plus le même langage (étude Indeed)

Paris, 12 octobre 2026 – Le marché de l’emploi est-il devenu la nouvelle Tour de Babel ? Les résultats de l’étude Smarter Hiring 2026, menée par YouGov pour Indeed, mettent en lumière un « grand décalage » entre employeurs et candidats : 54 % des candidats placent le salaire de base parmi leurs principaux critères de choix, contre 45 % des employeurs qui pensent que c’est ce qui attire le plus ; 58 % des employeurs estiment très bien comprendre les attentes des candidats, contre 20 % des candidats qui partagent ce constat.

Ce que cherchent les candidats, ce que croient offrir les employeurs

Pour les candidats, le salaire de base arrive en tête (54 %), devant la localisation et le temps de trajet (44 %), l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle (39 %), les avantages (27 %) et les opportunités d’évolution (21 %). Les employeurs placent eux aussi le salaire de base en tête, mais à 45 %, puis les opportunités d’évolution de carrière (39 %) et les avantages sociaux (34 %). La localisation et le temps de trajet, deuxième critère des candidats, ne figurent même pas parmi les cinq éléments que les employeurs jugent les plus attractifs, alors qu’ils pèsent sur le pouvoir d’achat et l’équilibre de vie dans un contexte de hausse du coût de la vie.

Résultat : un écart de 38 points entre les 58 % d’employeurs qui estiment que leur organisation comprend « extrêmement bien » ou « très bien » ce que recherchent les actifs et les 20 % de candidats qui le pensent.

Qu’est-ce qu’un « bon » profil ?

57 % des employeurs citent l’expérience professionnelle antérieure parmi leurs principales façons de juger que les candidats ont acquis les compétences nécessaires, devant la formation sur le terrain (47 %) et les certifications ou programmes professionnels (40 %). Les candidats citent aussi l’expérience professionnelle (49 %) devant la formation sur le terrain (34 %), mais valorisent moins les certifications (27 %).

72 % des employeurs estiment que leur organisation identifie efficacement les compétences transférables et le potentiel d’un candidat, même s’il ne répond pas à toutes les exigences, contre 38 % des candidats (34 points d’écart) : les entreprises disent adopter une logique « skills-first », mais une part importante des candidats ne se sent pas reconnue.

Deux lectures de la pénurie

57 % des employeurs citent le manque de candidats disposant des compétences requises comme principal défi de recrutement, tandis que 34 % des candidats déclarent manquer d’offres correspondant à leurs compétences ou à leur expérience, citant aussi les exigences irréalistes des offres (28 %) et le manque de transparence sur les salaires (24 %).

« L’étude Smarter Hiring 2026 met en lumière un paradoxe : employeurs et candidats font face aux mêmes réalités du marché du travail, mais ne les lisent pas de la même façon. (…) Réduire ce décalage suppose de changer de perspective : écouter davantage les candidats, être plus transparent sur ce que les postes proposent réellement et regarder les compétences et le potentiel au-delà des seuls critères affichés dans les offres. »

— Eric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed France

Méthodologie

Étude « Smarter Hiring 2026 » réalisée par YouGov pour Indeed, enquête en ligne de 15 minutes menée du 17 juin au 9 juillet 2026 dans 9 marchés (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Singapour, Mexique, Inde) auprès de 3 210 employeurs (cadres dirigeants ou responsables, entreprises de 500 salariés ou plus) et de 6 351 candidats à l’emploi.

par Pepito